Immobilier parisien : vers un nouvel équilibre du marché ?

Le Conseil supérieur du notariat vient de publier sa Note de conjoncture immobilière de janvier 2025, et plusieurs signaux positifs semblent indiquer un possible redressement du marché immobilier. Tour d’horizon des tendances clés.

Des prix en phase d’atterrissage

En Île-de-France, les prix de l’immobilier poursuivent leur baisse, mais à un rythme plus modéré. À Paris, le prix moyen au m² devrait atteindre 9 420 € en février 2025, soit une diminution annuelle de 1,4 %, bien en deçà des 7,7 % enregistrés un an plus tôt.

En petite couronne, la tendance est similaire : la chute des prix ralentit, laissant entrevoir une stabilisation progressive. Cet ajustement des valeurs offre de nouvelles opportunités aux acheteurs, après plusieurs années de flambée des prix.

Un volume de transactions qui se stabilise

Après une forte contraction en début d’année 2024, le marché des logements anciens montre des signes d’apaisement. À fin novembre 2024, 778 000 transactions ont été enregistrées sur les douze derniers mois. Bien que ce chiffre reste en baisse de 12 % sur un an, il marque un net ralentissement par rapport au creux de -23,4 % observé en février 2024.

Ce volume est désormais comparable à celui de fin 2015 (environ 790 000 transactions), une période marquée par un marché plus équilibré. Les notaires anticipent donc une stabilisation dans les mois à venir.

Des taux en baisse : un souffle pour le pouvoir d’achat immobilier

La Banque centrale européenne (BCE) a procédé, en mars 2025, à une nouvelle baisse de ses taux directeurs de 25 points de base, portant le taux de dépôt à 2,50 %. C’est le sixième assouplissement depuis juin 2024, un rythme inédit depuis les années 2010.

Cette politique monétaire, associée à un ralentissement de l’inflation en France et dans la zone euro, redonne progressivement du pouvoir d’achat aux ménages. Ce coup de pouce est d’autant plus crucial après une période où les conditions d’accès au crédit étaient particulièrement contraignantes.

Une reprise de la production de crédits immobiliers

Autre signal encourageant : la production de crédits immobiliers repart à la hausse. En novembre 2024, elle atteignait 10,1 milliards d’euros, contre 6,9 milliards d’euros au plus bas en mars 2024.

Le taux moyen des nouveaux crédits poursuit également sa baisse, s’établissant à 3,38 % en novembre, contre 4,17 % en janvier 2024. Cette détente des conditions d’emprunt, couplée à une flexibilité accrue vis-à-vis des normes du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF), pourrait relancer progressivement la demande.

Un optimisme mesuré pour les mois à venir

Malgré ces indicateurs encourageants, la prudence reste de mise. Les notaires soulignent que « si les paramètres classiques peuvent laisser augurer d’un nouvel environnement favorable, il convient d’être prudent. »

Dans un contexte marqué par des turbulences géopolitiques, des contraintes budgétaires accrues et une instabilité politique, toute reprise sera progressive et ponctuée d’ajustements.

« C’est dans les périodes d’incertitude économique que surgissent les meilleures opportunités en immobilier. Baisse des prix, marges de négociation accrues et conditions de financement plus attractives offrent un terrain propice aux investisseurs avisés. Prudence et opportunisme devraient donc coexister sur le marché immobilier en 2025. »
Corinne Grouvel
Directrice du développement de DEMARCEAU
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